Il y a tribune et tribune

Il y a tribune et tribune.  La tribune politique tout d’abord. Elle renvoie à la dernière campagne électorale d’octobre. Et à la prochaine, en mai.  Motiver les troupes, attirer l’électeur, attaquer l’adversaire. Promettre surtout. Promesses de lendemains qui chantent, promesses de lendemains qui changent, en cas de victoire. Promesses de victoire ultérieure, promesses de jours meilleurs, en cas de défaite. Promettre sans se compromettre. L’art du tribun.

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« Vous êtes sûr que le bourgmestre ne dira rien? » ou le bonheur de notre démocratie

De la campagne électorale pour le scrutin communal qui se termine demain dimanche, je retiens un moment fort en tant que journaliste : la conversation que j’ai eue avec une dame d’origine africaine sur le marché de Leuze-en-Hainaut. Je l’invitais à monter dans la camionnette que Sudpresse avait aménagée pour son opération « moi, bourgmestre » qui consistait à demander aux citoyens ce qu’ils feraient pour leur commune s’ils en devenaient le bourgmestre

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Mon Dieu, un pourri de politicien a mon adresse perso!

Depuis quelques jours, je vois fleurir sur les réseaux sociaux des réactions de personnes outrées parce qu’elles ont reçu une lettre personnalisée d’un candidat ou d’une candidate aux élections communales. Ou, pire, parce que leur enfant a reçu une lettre personnalisée, avec son nom et son adresse sur une enveloppe, parce qu’il vote pour la première fois. C’est comme si Marc Dutroux en personne avait retrouvé leur trace. Nous avons même reçu à la rédaction des alertes de lecteurs nous invitant à dénoncer ce crime abominable.

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Les réfugiés ne sont pas tous des terroristes et les Mouscronnois ne sont pas tous des extrémistes.

Je vous livre ici le commentaire que j’ai écrit dans l’édition mouscronnoise de Nord Eclair du 20 octobre et qui accompagnait l’annonce d’une manifestation anti-réfugiés prévue le samedi 7 novembre  à Mouscron. J’estimais qu’il ne fallait pas vilipender ceux qui voulaient exprimer leur crainte face à un nombre important de personnes qu’ils ne connaissent pas et à propos desquelles circulent des préjugés tenaces. Mais c’était compter sans « les tisonniers de la haine », comme je les appelle. Depuis, l’organisatrice s’est en effet retirée de l’événement parce qu’elle a peur des débordements racistes, voire de la violence, après avoir lu les commentaires sur la page qu’elle avait créée pour préparer la manif. C’est affligeant, et c’est plus qu’un euphémisme. Moi-même j’essaie d’intervenir sur cette page pour informer, rectifier et démonter les rumeurs, sans me moquer de l’orthographe, mais en vain : je me fais plutôt allumer. Cela prouve aussi que le chantier reste énorme en matière d’éducation. Une consolation, malgré tout : est né depuis un mouvement solidaire baptisé « Mouscron réfugiés solidaires ». Les Mouscronnois ne sont pas tous extrémistes…

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Pont des trous à Tournai: je signe pour la résille, mais je ne jetterai la pierre à personne

Pierre ou résille? C’est la question qui est posée, ce dimanche 25 octobre, aux Tournaisiens invités à participer à une consultation populaire sur l’avenir du pont des Trous dont l’arche qui relie les deux tours doit être aménagée pour permettre aux péniches de plus grand gabarit de circuler sur l’Escaut (le lien pour voir les deux projets en lice : http://www.tournai.be/consultation-populaire-pont-des-trous/le-choix-deux-options.html). La question peut paraître saugrenue à l’heure où le CPAS accuse un déficit accablant. L’organisation de la consultation va quand même coûter quelque 100.000 euros aux contribuables de la cité des Cinq Clochers.

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Allo maman bobo, comment tu m’as fait, j’suis bobo…

Allo maman, bobo, chantait Alain Souchon dans les années 80. Allo, maman, bobo, comment tu m’as fait, suis-je bobo? ai-je envie de fredonner aujourd’hui. Avec l’arrivée en Belgique des réfugiés et des migrants, pour lesquels je défends une approche humaine et humaniste, je me suis fait taxer de bobo sur les réseaux sociaux. On me l’avait déjà dit, mais de façon amusante, parce que j’aime écouter Léonard Cohen, Alain Souchon, Francis Cabrel, Renan Luce ou encore Renaud qui figurent, paraît-il, au hit-parade de la bobo attitude. Mais le mot a pris une connotation nettement moins sympathique ces derniers temps. Il est même le plus souvent flanqué d’un qualificatif péjoratif : affreux bobo, bobo naïf, bobo suicidaire ou, pire encore, bobo collabo en raison du soutien aux réfugiés parmi lesquels se cachent, évidemment, de dangereux terroristes. Le « bobo » est passé dans le registre de l’insulte.

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Les réfugiés politiques à Tournai: notre devoir d’humanité

De retour de vacances, j’ai parcouru les journaux que mon voisin a gentiment gardés pendant deux semaines. L’actualité qui a défrayé la chronique cet été à Tournai : les 530 réfugiés politiques qui sont attendus à la caserne Saint-Jean d’ici à la fin de l’année. J’ai eu honte en lisant les premières réactions de mes concitoyens et des responsables politiques. J’ai même eu la nausée en lisant les commentaires sur les réseaux sociaux des journaux en ligne auprès desquels j’ai complété mon information. Les journalistes de la RTBF radio se sont même fendus d’un communiqué sur leur page Facebook pour prendre distance avec ce qu’ils lisaient sur leur site ou entendaient sur leur antenne.

J’ai pensé à mon ami syrien et à sa famille qui nous ont reçus, mon épouse, mes deux enfants et moi, comme des princes lors de notre passage à l’ouest de Londres, où ils habitent, lors de nos deux derniers jours de vacances en Grande-Bretagne. Que penseraient-ils, que diraient-ils s’ils lisaient la haine qui sévit sur le web à l’annonce de l’arrivée des réfugiés, parmi lesquels très certainement un très grand nombre de leurs compatriotes qui ont fui la guerre? J’ai honte pour eux. J’ai mal pour eux.

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La curiosité, le joli défaut d’Obama

Voilà encore une chronique reprise des « Propos du Dimanche » qui paraissaient dans l’édition dominicale de Nord Éclair. Luc Parret, alias Eleph, était le titulaire de la rubrique, mais je la reprenais en son absence avec d’autres collègues. La chronique que j’ai écrite le 8 février 2009, sous le pseudo Vintje, était consacrée au premier discours d’investiture de Barack Obama, il y a tout juste quatre ans. Il a été réélu depuis. « On attend sans doute beaucoup trop de lui », écrivais-je à l’époque:

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Ma (petite) revue de presse

Comme tout journaliste qui se respecte, enfin je le suppose, je suis un boulimique d’informations. J’ingurgite ma première fournée dès 6h30 ou 7h, selon l’horaire scolaire de mes enfants, avec Vivacité Hainaut. Dans le brouillard, entre veille et sommeil, je me fais une première idée de l’actualité régionale. Avant d’avaler le petit déjeuner, direction la boîte aux lettres pour me procurer le Nord Éclair. Très égoïstement, je me précipite sur l’article que j’ai écrit pour l’édition du jour. Je le relis pour vérifier si je n’ai pas commis une faute de style ou, pire, d’orthographe. Je vérifie aussi comment le secrétaire de la rédaction de la veille a « vendu » mon sujet en Une ou s’il n’a pas modifié le sens en changeant mon titre. J’avoue que j’ai plus d’une fois renversé mon café.

Sur la route de l’école, lorsque je conduis mes enfants, c’est Matin Première (RTBF) qui anime la voiture. J’essaye de puiser dans l’actualité nationale, voire internationale, un sujet que je pourrais décliner en région. C’est aussi l’occasion de faire connaître à Valentine et Maxime les noms de ceux qui font (ou défont) la politique de ce pays. J’aime beaucoup la manière dont Bertrand Henne mène ses entretiens. Après avoir déposé mes enfants aux grilles de l’athénée Bara, je fais parfois un petit détour par Bel-Rtl, histoire d’écouter les imitations d’André Lamy et d’Olivier Leborgne. Ou alors je reste sur la Première pour la chronique décalée « le café serré », mon préféré étant celui de Thomas Gunzig, qui a le sens du texte. Juste avant de gagner la rédaction, je n’oublie pas non plus de revenir sur Vivacité histoire d’écouter le sujet d’actualité que Benjamin Maréchal, une très belle voix, a choisi de décliner avec ses auditeurs, même si je n’aime pas trop la manière dont il les interrompt.

 

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Au bureau, le temps que l’ordinateur s’allume, je reparcours le Nord Eclair du jour pour lire la prose de mes collègues, histoire de vérifier si on n’est pas passé à côté d’une information importante entendue à la radio. Puis, c’est le moment de la revue de presse. Je commence le plus souvent par la concurrence, le Courrier (l’Avenir) et la Dernière Heure. Les journalistes sont souvent d’une mauvaise foi crasse : ils se gaussent de l’information que les confrères n’ont pas eue mais en oubliant souvent que la veille, ils se sont peut-être fait griller sur un autre fait d’importance. J’imagine qu’il doit y avoir les mêmes haussements d’épaule et les mêmes esclaffements chez les journalistes d’en face. Puis vient la lecture de la presse nationale : le Soir (que je qualifie toujours de « Brusseile », ce qui irrite mes collègues), qui reste le quotidien de référence, la Libre Belgique pour laquelle j’ai une affection particulière non seulement parce que j’y ai travaillé comme correspondant régional il y a une quinzaine d’années mais parce qu’elle essaye de sortir son épingle du jeu avec le peu de moyens dont elle dispose. J’aime aussi lire la presse flamande : on reçoit les régionaux Het Nieuwsblad et Het Laatste Nieuws, dont j’apprécie la mise en page, plus percutante que dans la presse francophone.  Ils ne négligent pas la petite locale à laquelle ils essayent de donner une plus-value avec des photos de qualité. Puis, c’est l’occasion d’entretenir mon néerlandais (essentiellement passif). Je jette parfois un oeil furtif sur la Voix du Nord (France) non sans une pointe de nostalgie parce qu’elle parvient à garder son lectorat avec un traitement de l’information classique.

Les journalistes sont souvent d’une mauvaise foi crasse avec la concurrence

En cours de journée, je passe d’un site à l’autre : lesoir.be, nordeclair.be pour vérifier si nos informations ont bien été mises en ligne, dhnet.be, etc. Quelques clics aussi pour lemonde.fr (que je ne lis plus qu’en numérique alors qu’autrefois, je l’achetais encore de temps en temps), liberation.fr ou encore lefigaro.fr, histoire de vérifier comment des journaux de philosophie différente traitent le même sujet. C’était particulièrement amusant pour le déménagement de Gérard Depardieu à Néchin: l’acteur fut vilipendé par Libé, plutôt à gauche (Génial le titre « Manneken Fisc ») et relativement ménagé par le Figaro, marqué plus à droite. Côté sportif, je visite aussi lequipe.fr, surtout lorsqu’une équipe nationale française, quelle que soit la discipline, connaît la défaite (je sais, ce n’est pas très gentil).  J’aime aussi parcourir les sites des journaux flamands, particulièrement les commentaires des internautes sur standaard.be et hln.be : à déconseiller aux « Belgicains » parce que les francophones en prennent souvent pour leur grade, excepté curieusement quand un sportif belge, même wallon, remporte une victoire.

La revue de presse au bureau se termine toujours par le journal de 18h sur No Télé. Un rituel pour vérifier que nous ne sommes pas passés à côté d’une information d’importance ou pour voir comment nos confrères ont traité un sujet que nous avons aussi couvert. La télévision régionale traverse une mauvaise passe financière en ce moment. Il s’agit pour plusieurs communes de doubler leur contribution. Certes No Télé a parfois un côté nombriliste qui agace la presse écrite – « regardez combien ce qu’on fait est magnifique » -, mais c’est un péché véniel au regard de ce qu’elle apporte à la Wallonie picarde dont elle est un des éléments fédérateurs, sinon « le » seul élément fédérateur. Puis elle donne encore la parole à des personnes, à des associations que la presse écrite a tendance à négliger ces dernières années: le monde socio-culturel, les artistes, les groupements folkloriques, etc. A Tournai, No Télé vaut bien 2 euros par an et par habitant, l’équivalent de deux grilles du Lotto.

Sur le chemin du retour à la maison, la radio retrouve mes faveurs. J’ai un faible pour le « Face à l’info » sur la Première :   Eddy Caekelberghs fait peut-être des phrases trop longues, mais ses questions sont toujours précises et pertinentes avec ses invités dont il ne coupe jamais la parole. Si la route se prolonge, je zappe sur Europe 1, RTL ou encore France-Info pour entendre les dernières informations importantes. Si je ne rentre pas trop tard, j’essaye encore de jeter un coup d’oeil sur le journal télévisé de RTL-Tvi et/ou de la RTBF, mais j’avoue que c’est souvent de manière distraite. Comme je suis un couche-tard, je surfe encore un peu le soir : les mêmes sites d’info qu’en cours de journée – Nord Eclair en priorité pour voir comment les lecteurs réagissent aux sujets du jour -, mais j’y ajoute parfois le Temps en Suisse et le Soleil au Canada; c’est amusant de voir l’actualité par la lorgnette d’autres journaux francophones (pendant la campagne électorale américaine, le Soleil a fait une plongée au coeur des petites villes US assez surprenante).

Je ne terminerai pas ma revue de presse personnelle sans évoquer ce qui est pour moi « le » journal : l’hebdo satyrique « le Canard Enchaîné » que je loupe rarement lors de sa sortie en kiosque le mercredi. Il ne fait que 8 pages, sans photos, il coûte 1,40 euros, il n’a pas de site internet, mais il est drôle, impertinent, sans jamais perdre les règles de base du métier : vérifier, recouper l’information. Il n’hésite jamais à dire lorsqu’il s’est trompé tout en parvenant à faire de ses « pans sur le bec » des petits délices de lecture. « Le Canard » publie ses comptes chaque année. Et chaque année, il parvient à atteindre l’équilibre financier sans un seul encart publicitaire. Le pied (palmé), pour un journaliste qui se respecte; enfin, je suppose.

Politique: « Tous et toudis les mêmes »

Expérience intéressante et inédite pour moi il y a une quinzaine de jours : j’ai animé un débat politique entre les jeunes candidats des quatre partis en lice pour les élections communales à Mouscron. Je remercie d’ailleurs les deux organisateurs de la soirée, à savoir Chloé Deltour (Ecolo) et David Vacarri (MR), d’avoir pensé à moi (ainsi qu’à mon jeune confrère du Courrier, Thomas Turillon) pour modérer les échanges. C’est une marque de confiance qui m’a touché. Contrairement à ce que je pensais, ce ne fut pas trop difficile : mes huit interlocuteurs (deux de chaque parti) se sont montrés particulièrement courtois et respectueux. Sans doute l’avantage de leur jeunesse. Ils n’ont pas encore les « vices » des vieux briscards qui savent monter dans les tours et piquer leur adversaire quand il s’agit de détourner l’attention d’une question plus délicate. J’ai beaucoup d’admiration pour les jeunes qui se lancent dans la politique, car il faut bien l’avouer, ce n’est pas très tendance de nos jours. Il faut une sacrée dose de courage pour affronter les « yaka », dont hélas se prévalent beaucoup de nos concitoyens plus prompts à critiquer qu’à mouiller le maillot. Continuer la lecture de Politique: « Tous et toudis les mêmes »