A quoi ça sert la culture, nom d’un chien?

En Flandre, le gouvernement présidé par le N-VA Jan Jambon a décidé de supprimer jusqu’à 60% des subsides alloués à la culture et au patrimoine. Ce n’est pas propre à la Flandre, car la culture est souvent le premier secteur qui trinque lorsqu’il s’agit de faire des économies d’échelle.

Mais finalement à quoi ça sert la culture, l’art sous toutes ses formes? J’ai eu la réponse il y a quelques semaines juste en face de mon bureau à Nord Éclair sur la Grand-Place de Tournai. Un jeune Roumain avait sculpté, dans le tas de sable qu’il transportait avec lui, un chien. Un chien plus vrai que nature au point que mes collègues et moi avons cru de notre fenêtre qu’il s’agissait d’un véritable animal en chair et en os destiné à apitoyer les passants pour une petite pièce.

Les passants s’arrêtaient bien pour une petite pièce, mais en plus ils l’assaillaient de questions : d’où venait-il ? Où avait-il appris à sculpter? N’était-il que de passage? Où dormait-il? Savait-il sculpter autre chose que des chiens? Le Roumain répondait en fronçant les sourcils. Il ne maîtrisait ni le français, ni l’anglais. Moi-même j’ai tenté d’en savoir plus pour un article dans le journal. Un passant italien a tenté de m’aider, l’italien et le roumain étant relativement proches, mais en vain…

Il n’est resté qu’une journée mais quel succès.

Je crois que le jeune SDF ne voulait pas trop en dire. Cela ne l’a pas empêché d’avoir un sacré succès si on en juge le petit récipient noir qui, devant son oeuvre éphémère, se remplissait à vue d’œil de petites pièces et même de quelques billets. Dès qu’il avait suffisamment d’argent, il se précipitait à la boulangerie du coin pour un sandwich, une couque au chocolat ou un café chaud. Le boulanger était tellement séduit par son talent qu’il refusait de se faire payer.

Avec son chien de sable, le jeune Roumain a récolté bien plus de bienveillance que tous les SDF de la Grand-Place réunis. Car hélas, les Tournaisiens – mais cela ne leur est pas propre – ne font pas toujours preuve de beaucoup d’indulgence à l’égard des mendiants et des sans-abris, de plus en plus nombreux ces dernières années sur le forum de la cité.

Avec son chien de sable, le jeune Roumain a réussi à capter l’attention, à susciter l’enthousiasme, à faire parler les passants entre eux, à faire renoncer un commerçant à son dû, à provoquer des sourires, à faire oublier qu’il était un étranger…

Alors, ça sert à quoi la culture? Ça sert à quoi l’art, nom d’un chien? A apaiser les hommes et les âmes. Et ça n’a pas de prix…

Il y a tribune et tribune

Il y a tribune et tribune.  La tribune politique tout d’abord. Elle renvoie à la dernière campagne électorale d’octobre. Et à la prochaine, en mai.  Motiver les troupes, attirer l’électeur, attaquer l’adversaire. Promettre surtout. Promesses de lendemains qui chantent, promesses de lendemains qui changent, en cas de victoire. Promesses de victoire ultérieure, promesses de jours meilleurs, en cas de défaite. Promettre sans se compromettre. L’art du tribun.

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Mon Dieu, un pourri de politicien a mon adresse perso!

Depuis quelques jours, je vois fleurir sur les réseaux sociaux des réactions de personnes outrées parce qu’elles ont reçu une lettre personnalisée d’un candidat ou d’une candidate aux élections communales. Ou, pire, parce que leur enfant a reçu une lettre personnalisée, avec son nom et son adresse sur une enveloppe, parce qu’il vote pour la première fois. C’est comme si Marc Dutroux en personne avait retrouvé leur trace. Nous avons même reçu à la rédaction des alertes de lecteurs nous invitant à dénoncer ce crime abominable.

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Pont des trous à Tournai: je signe pour la résille, mais je ne jetterai la pierre à personne

Pierre ou résille? C’est la question qui est posée, ce dimanche 25 octobre, aux Tournaisiens invités à participer à une consultation populaire sur l’avenir du pont des Trous dont l’arche qui relie les deux tours doit être aménagée pour permettre aux péniches de plus grand gabarit de circuler sur l’Escaut (le lien pour voir les deux projets en lice : http://www.tournai.be/consultation-populaire-pont-des-trous/le-choix-deux-options.html). La question peut paraître saugrenue à l’heure où le CPAS accuse un déficit accablant. L’organisation de la consultation va quand même coûter quelque 100.000 euros aux contribuables de la cité des Cinq Clochers.

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Les réfugiés politiques à Tournai: notre devoir d’humanité

De retour de vacances, j’ai parcouru les journaux que mon voisin a gentiment gardés pendant deux semaines. L’actualité qui a défrayé la chronique cet été à Tournai : les 530 réfugiés politiques qui sont attendus à la caserne Saint-Jean d’ici à la fin de l’année. J’ai eu honte en lisant les premières réactions de mes concitoyens et des responsables politiques. J’ai même eu la nausée en lisant les commentaires sur les réseaux sociaux des journaux en ligne auprès desquels j’ai complété mon information. Les journalistes de la RTBF radio se sont même fendus d’un communiqué sur leur page Facebook pour prendre distance avec ce qu’ils lisaient sur leur site ou entendaient sur leur antenne.

J’ai pensé à mon ami syrien et à sa famille qui nous ont reçus, mon épouse, mes deux enfants et moi, comme des princes lors de notre passage à l’ouest de Londres, où ils habitent, lors de nos deux derniers jours de vacances en Grande-Bretagne. Que penseraient-ils, que diraient-ils s’ils lisaient la haine qui sévit sur le web à l’annonce de l’arrivée des réfugiés, parmi lesquels très certainement un très grand nombre de leurs compatriotes qui ont fui la guerre? J’ai honte pour eux. J’ai mal pour eux.

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