Faits divers, mots à maux

Coup de fil délicat à la rédaction de Nord Eclair Mouscron ce vendredi: une jeune femme nous a supplié de ne pas évoquer dans le journal le suicide de son frère survenu dans la matinée. Le jeune désespéré s’est hélas jeté sur les voies de chemin de fer à la hauteur d’Estaimpuis. Il était difficile d’accéder à la demande de sa sœur, parce que le drame s’est joué sur la voie publique avec une mobilisation très importante des services de secours et, pour conséquence, une immobilisation de la ligne ferroviaire pendant de nombreuses heures. Nous n’avons pas pour habitude d’évoquer le suicide d’une personne lorsque celui-ci survient dans un cadre privé, excepté si c’est une personnalité connue, mais lorsqu’il se déroule dans un cadre public, c’est le rôle de la presse régionale d’en évoquer les conséquences.

La jeune femme- et c’est compréhensible, vu la douleur qui l’étreignait – avait du mal à entendre nos explications. Elle a même eu des mots assez durs à notre égard. C’est vrai : les faits divers sont une composante importante d’un quotidien de proximité. On peut ne pas les apprécier, mais ils renvoient à notre condition humaine, entre vie et mort, ce qui explique sans doute leur popularité depuis que la presse existe. Je dis toujours : ce n’est pas l’abondance des faits divers qui fait la qualité d’un journal populaire, mais la manière dont on les traite. Beaucoup ne seront sans doute pas d’accord avec moi, mais je peux assurer que la plupart de mes collègues cherchent toujours à les traiter avec humanité. Pour le suicide de la voie ferrée, en accord avec mon jeune collègue qui s’en occupait, nous avons décidé d’en faire le strict minimum : l’évocation des faits et de ses conséquences en quelques lignes. Mais je ne crains que de toute façon, les mots, nos mots, ne seront toujours que des maux pour les victimes d’un tel drame. Notre métier n’est pas facile tous les jours.

Politique: « Tous et toudis les mêmes »

Expérience intéressante et inédite pour moi il y a une quinzaine de jours : j’ai animé un débat politique entre les jeunes candidats des quatre partis en lice pour les élections communales à Mouscron. Je remercie d’ailleurs les deux organisateurs de la soirée, à savoir Chloé Deltour (Ecolo) et David Vacarri (MR), d’avoir pensé à moi (ainsi qu’à mon jeune confrère du Courrier, Thomas Turillon) pour modérer les échanges. C’est une marque de confiance qui m’a touché. Contrairement à ce que je pensais, ce ne fut pas trop difficile : mes huit interlocuteurs (deux de chaque parti) se sont montrés particulièrement courtois et respectueux. Sans doute l’avantage de leur jeunesse. Ils n’ont pas encore les « vices » des vieux briscards qui savent monter dans les tours et piquer leur adversaire quand il s’agit de détourner l’attention d’une question plus délicate. J’ai beaucoup d’admiration pour les jeunes qui se lancent dans la politique, car il faut bien l’avouer, ce n’est pas très tendance de nos jours. Il faut une sacrée dose de courage pour affronter les « yaka », dont hélas se prévalent beaucoup de nos concitoyens plus prompts à critiquer qu’à mouiller le maillot. Lire la suite Politique: « Tous et toudis les mêmes »

La rentrée, quoi

C’était aussi jour de rentrée pour moi  après deux semaines de vacances en Vendée. La rentrée scolaire: un marronnier comme on dit dans le jargon journalistique. Il faut chaque année faire preuve d’imagination pour la traiter de manière originale. Un premier devoir de rentrée en quelque sorte. Mais j’y ai échappé puisque je me suis occupé de la mise en page du journal aujourd’hui.

L’actualité n’a pas pris de vacances en août avec la mort de Guy Spitaels qui m’avait intellectuellement impressionné lorsque j’ai eu l’occasion de l’interroger lors de la publication d’un de ses livres. Le décès aussi de Michel Daerden qui, lui, m’avait plutôt bibitivement surpris lors d’une rentrée parlementaire à la Région wallonne il y a quelques années. Un même parti, mais deux hommes totalement différents. Il y a aussi la libération conditionnelle de Michèle Martin, un sujet délicat sur lequel j’ai du mal à me prononcer. Je me dis qu’elle aurait dû accomplir l’entièreté de sa peine et, dans le même temps, je me dis qu’elle est peut-être – j’écris bien peut-être – sincère dans le désir de se repentir. Autant je comprends le désarroi des parents des victimes, autant je condamne les manifestations violentes autour du couvent de Malonne où l’ex-femme de Marc Dutroux s’est réfugiée. Autant j’avais été émotionnellement submergé par la première marche blanche organisée par les parents en 1996 et à laquelle j’avais participé en tant que citoyen, autant je me suis toujours méfié des comités blancs qui sont nés par la suite et dont beaucoup, mais pas tous, je le précise bien, avaient des relents poujadistes. Un sujet délicat, écris-je.

Enfin, chaque année, à mon retour de vacances, j’ai droit à ma petite querelle linguistique dès que je branche une radio belge à l’approche de la frontière. Cette fois, c’était le débat autour du gordel, la « promenade » cycliste dans la périphérie de Bruxelles. Un retour à la réalité après deux semaines de vacances à l’étranger. Pas la dure réalité, mais la réalité dans ce qu’elle a parfois de plus absurde. La rentrée en Belgique, quoi.

Mesdames, faites vos Jeux

Jamais je m’étais autant passionné pour les Jeux Olympiques qu’en cette édition 2012. Peut-être parce qu’il y a de nombreux Belges en lice; je suis un chauvin de mauvaise foi. Aussi parce que les JO  ne se passent pas très loin de chez nous, dans une ville que j’aime beaucoup : Londres. Même mes enfants et mon épouse, qui ne sont pas spécialement des sportifs dans l’âme, se sont piqués aux Jeux. Encore ce soir, nous avons regardé en famille la finale du 400 m des frères Borlée et nous avons été déçus autant qu’eux qu’ils soient passés si peu à côté d’une médaille. C’est aussi l’occasion de découvrir des sports qu’on voit très rarement à la télévision : le judo, l’aviron, la voile, le hockey, l’équitation, etc. Avec de très beaux moments d’émotion comme les larmes du vainqueur dominicain du 400 m haies sur le podium. Je m’amuse beaucoup à comparer les physiques des athlètes selon leur discipline : tout en explosivité et en muscles pour le 100 m, tout en longueur et en souplesse pour le saut à la perche, par exemple.

Personnellement je retiendrai surtout de ces Jeux les sportives. Les femmes n’ont plus rien à envier aux hommes au niveau des performances. Et elles offrent aux spectateurs du monde entier autant d’émotion que leurs collègues masculins. Il y a pourtant un temps pas si lointain où le sport féminin était un peu considéré comme un spectacle de seconde zone. Je me suis surtout réjoui des médailles remportés par les Africaines comme l’or décroché par une Ethiopienne au marathon.  Même si elles ont participé la tête couverte et avec un pantalon, les instances du comité olympique international ont bien fait d’accepter les athlètes de plusieurs pays musulmans, disons par euphémisme, un peu plus stricts. Au moins ces femmes ont pu constater que d’autres femmes pouvaient participer à un événement majeur libres et libérées (le sujet a fait polémique comme l’explique cet article de Libération). Peut-être, mais sans doute suis-je naïf, cela pourra faire avancer la cause des femmes dans ces parties du monde.

Bien sûr, les Jeux Olympiques drainent beaucoup d’argent par leur démesure, mais je les pense utiles pour donner une idée de la diversité du monde et conforter l’égalité des sexes.

« Ça, ça fait réfléchir »

Dans ma note précédente, j’avais poussé un coup de gueule contre les réseaux sociaux. Internet est la pire et la meilleure des inventions, avais-je écrit. Je m’étais attardé sur le pire avec les réactions des internautes à la crise cardiaque de Michel Daerden sur la plupart des journaux en ligne. Un mélange de poujadisme et de méchanceté gratuite, le plus souvent sous le couvert de l’anonymat. Mais internet est capable aussi du meilleur comme j’ai pu m’en rendre compte après le reportage que j’ai consacré à une enseignante de l’institut des frères Maristes de Mouscron, atteinte d’un cancer particulièrement dangereux. Ce professeur de langues et d’économies reçoit le soutien de ses élèves sur facebook. éducation Lire la suite « Ça, ça fait réfléchir »

« Une grosse pension de ministre en moins »

Internet est la meilleure et la pire des inventions. La meilleure lorsqu’il est instrument de savoir et de mise en relation. La pire lorsqu’il sert de catharsis aux plus vils instincts. En tant que journaliste, c’est souvent la réaction à nos articles mis en ligne qui me surprend toujours, très rarement en bien. Deux exemples : l’agression de la députée fédérale Christiane Vienne il y a quelques semaines et la crise cardiaque de Michel Daerden. La première affaire a donné un déchaînement de réactions poujadistes : si la parlementaire de Mouscron s’est fait piquer son sac à Bruxelles, c’est en gros en raison de la politique de sécurité mise en place par le PS. Ce ne sont pas les socialistes qui sont à l’Intérieur et à la Justice, mais soit; l’ignorance est souvent l’alliée de la bêtise. Deuxième affaire : l’état de santé de l’ancien ministre des Pensions, alias papa, qui a aussi suscité des commentaires intolérables. Je n’en citerai qu’un qui n’est pas le pire, mais qui en dit long: « un grosse pension de ministre en moins ». On peut aimer ou ne pas aimer le Liégeois. On peut critiquer ce qu’il a fait pendant sa vie politique; c’est même un devoir pour les journalistes. Mais dans des circonstances comme celles-ci, Michel Daerden a droit au respect de sa personne. Un homme ou une femme politique, c’est aussi une famille, des proches, des amis, quelle que soit son obédience, quelles que soient les idées qu’il ou elle défend.

Les journaux tentent bien de modérer les commentaires. Sudpresse les a même reliés au profil facebook pour éviter les pseudos, car l’anonymat permet d’écrire n’importe quoi en toute impunité, mais les internautes se sont empressés de se fabriquer un faux profil ou de mettre une photo bidon. Pas tous heureusement, mais beaucoup. Et je n’évoquerai pas ici les réactions aux faits divers, surtout si un des protagonistes a le malheur de s’appeler Mohamed ou Rachid.

Ce que je vais écrire va peut-être paraître exagéré, mais toutes ces réactions poujadistes, xénophobes et racistes me rappellent mes cours d’histoire et, plus précisément, le contexte des années trente avant l’avénément du nazisme. L’humanité est parfois à désespérer.

Sexe

Sexe. C’est le titre de ma note aujourd’hui. Non, je ne vais pas raconter ma vie sexuelle et encore moins celle des autres. Je ne vais pas non plus commenter les positions du kamasutra. Je pourrais seulement commenter la vie sexuelle d’un poisson puisque j’ai consacré ma thèse de fin d’études en psychologie à « la sélection sexuelle chez Oreochromis mossambicus (Pisces, cichlidae) » qui a même fait l’objet d’un article scientifique dans une revue sérieuse encore disponible sur le net; j’étais passionné d’éthologie à l’époque. Mais non, je le répète, rien de tout cela,  je veux tout simplement me livrer à une petite expérience un peu trompeuse : vérifier si le mot « sexe » en titre de mon blog va générer davantage de clics, s’il va faire exploser mon compteur du nombre de visites (j’en suis actuellement à plus de mille visiteurs uniques). Je suis déjà sûr de retrouver mes collègues (coucou, les amis!) et peut-être de nouveaux visiteurs. Le mot « sexe » est celui qui est rentré le plus souvent dans le moteur de recherches de yahoo, avais-je appris lors d’une conférence à laquelle j’avais assisté aux balbutiements du net.

C’est surtout un article lu sur le site 20 minutes qui m’a incité à tenter l’expérience. Il est consacré à un groupe de féministes russes dont la particularité est de manifester seins nus. Son titre est révélateur : « Personne ne prêtait attention à nous, et un jour nous avons enlevé nos t-shirts ». Hé oui, pour attirer l’attention de nos jours, il faut non seulement se mettre à nu, mais se montrer nu. Ce n’est pas un jugement de valeur, loin de moi l’idée de jouer le père la vertu, mais un constat. Puis, je préfère nettement la nudité à la violence. Promis, à la fin du mois, je vous dirai si mon « sexe » a fait exploser le compteur. Une petite expérience, vous dis-je, sans plus.

Et toutes mes (s)excuses à tous ceux et toutes celles qui s’attendaient à quelque chose de plus… pimenté.

Un 21 juillet sous le soleil : bon signe pour la Belgique?

Le jour de la fête nationale a coïncidé avec le retour du beau temps. Un bon signe pour l’avenir du pays? On pourrait le croire, surtout après la scission de BHV, les trois initiales qui ont empoisonné la vie des Belges ces cinquante dernières années. Et après avoir retrouvé une nouvelle santé financière et une crédibilité économique aux yeux du monde entier. Je voudrais être optimiste pour un pays que j’aime bien en dépit de toutes ses contradictions, mais ma raison l’empêche de l’être. Il suffit de lire la presse néerlandophone pour s’en rendre compte. Alors que le Soir titrait « Sire, la Belgique va mieux » en reprenant les paroles de Di Rupo après la signature des accords qui scellent la scission de BHV, le Standaard reprenait, lui, la phrase de la NV-A à propos de la fête nationale en Une de son site internet: « une petite fête parce que les Flamands doivent tout payer « .  

Le contraste est encore plus saisissant entre la manière dont les Flamands et les Francophones vivent les dernières avancées institutionnelles lorsqu’on lit les réactions des internautes sur les sites des journaux flamands. Certes ce sont souvent les plus extrémistes qui s’expriment, mais ils sont très peu contredits. La majorité des commentaires allaient dans le même sens: les Flamands se sont fait avoir une fois de plus… C’est vraiment à désespérer de faire un accord.

Un dernier signe qui ne m’incite pas à l’optimisme : ce matin, dimanche 22 juillet, j’ai profité du beau temps pour faire une longue balade à vélo, entre Tournai et Courtrai. Dans la cité des Cinq Clochers, il y avait encore les traces de la fête de la veille avec beaucoup de drapeaux belges qui pavoisaient les façades. Une fois arrivé en Flandre, en passant par Espierres-Helchin, qui n’est pourtant pas la plus extrémiste des communes, et Kooigem pour gagner Courtrai,  j’ai voulu compter le nombre de drapeaux tricolores aux fenêtres. Je n’en ai vu aucun. Absolument aucun. Je retiendrai surtout le soleil de ce 21 juillet. Rien de plus.

Poèmes de l’extrême nord et de l’extrême sud

Deux textes, deux poèmes qui nous viennent de deux pays aux antipodes.

Le premier est celui que Nelson Mandela lisait dans sa prison d’Afrique du  Sud pour se donner la force de lutter. Il est du poète William Ernest Henley (1875). On a eu l’occasion de le redécouvrir lors de la sortie du film Invictus, réalisé par Clint Eastwood:
Hors de la nuit qui me recouvre,
Noire comme un puits d’un pôle à l’autre,
Je remercie les dieux,
Quoi qu’ils puissent être
Pour mon âme indomptable.
Prisonnier des circonstances,
Je n’ai pas gémi ni pleuré à voix haute
Sous les coups de la fortune,
Je suis debout bien que blessé.
Au-delà de ce monde de colère et de pleurs,
Ne plane que l’Horreur de l’ombre.
Et pourtant, la menace du temps
Me trouve et me trouvera sans peur.
Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

Le deuxième a été lu en public en 2011 sur une place de Norvège après la tragédie qui a coûté la vie à 77 personnes, victimes du terroriste d’extrême droite Anders Behring Breivik. C’est un poème de 1936 qui a animé les résistants norvégiens pendant la deuxième guerre mondiale:
Voici notre promesse,
Entre frères,
Nous prendrons soin de
ce monde des hommes
Nous prendrons soin
de sa beauté,
de sa chaleur
Comme on le fait pour un bébé
que l’on berce doucement
Dans nos bras

C’est la force de la poésie: faire surgir l’humanité au bout du désespoir.

 

Rue des Haies : l’obstacle de l’insécurité et de l’incivisme

Un des reportages que j’ai couverts cette semaine est un peu un cas d’école en matière de relations entre citoyens et hommes politiques. D’un côté : des riverains de la rue des Haies à Mouscron qui sont excédés par la vitesse des véhicules qui passent dans leur rue. Deux accidents ont fait monter leur exaspération d’un ton. Et de l’autre : un échevin des Travaux dont l’envie de bien faire est manifeste mais qui ne peut pas placer des casse-vitesse partout où les automobilistes ne lèvent pas le pied. Sur place, j’ai pu constater que les habitants du quartier n’exagéraient pas. Au cours de la demi-heure où j’ai été présent, une dizaine de véhicules sont passés sans ralentir alors que la voirie est constituée d’un étranglement avec un « laisser le passage » prioritaire dans l’autre sens. Un poids lourd s’est engagé alors qu’un panneau « interdit aux 3,5 tonnes » est apposé à l’entrée de la rue. Les citoyens souhaitent la pose d’un casse-vitesse et l’aménagement de la voirie en sens unique. Pas souhaitable, répond l’échevin : un casse-vitesse risque de poser des problèmes de nuisances sonores (des riverains d’une autre rue ont même mené un procès contre la Ville pour enlever les casse-vitesse qui faisaient « claquer » les automobiles les franchissant). Et un sens unique risque au contraire d’inciter les conducteurs à accélérer. Selon lui, l’étranglement devrait suffire à faire ralentir les automobilistes derrière chacun desquels il ne peut mettre un policier. On ne peut lui donner tort, mais ses explications ne calment pas la colère des riverains qui vont dès lors s’adresser au… bourgmestre.

C’est une situation typique de politique (et de presse) régionale. D’un côté, des citoyens toujours prêts à critiquer leurs représentants politiques, mais qui leur demandent l’impossible dès que surgit un problème au pas de leur porte.  Et de l’autre, des responsables politiques souvent démunis face à l’incivisme de leurs concitoyens, en l’occurrence celui des automobilistes. Ici, la solution passe peut-être par davantage de contrôles de vitesse, mais la police de Mouscron est fort engagée par sa lutte contre les home-jackings. Une bonne solution? Cela me renvoie à une autre affaire similaire traitée par une collègue,  à Brunehaut  cette fois. Même chose : les riverains d’une rue se plaignaient de la vitesse excessive des véhicules de passage. La police a donc placé  un radar dans ladite rue. Avec un constat qui a entraîné une nouvelle levée de boucliers: la plupart des voitures en excès de vitesse avaient pour propriétaire les riverains eux-mêmes…