Mon premier premier mai

Jeune journaliste, j’avais été effrayé par « l’Internationale » ponctuée par les militants socialistes et syndicaux à l’issue du premier 1er mai que j’avais couvert pour le compte du journal. C’était à Ath, dans le pays de Guy Spitaels. Les poings levés, les voix vitupérant, les visages cramoisis. Dans un monde que j’estimais moderne, j’avais trouvé cela archaïque, désuet, complètement dépassé, sans sous-estimer le fond des discours prononcés juste avant. Aujourd’hui, ma vision ou plutôt mon écoute a évolué : je comprends mieux cette démonstration de colère et cette expression de solidarité à l’aune d’un monde qui n’est pas finalement si moderne, du moins sur le plan humain. Un couplet peut même se rattacher à la dernière crise financière :

« Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû ».

Les avancées sociales ou tout simplement la préservation des acquis sociaux passent aussi, hélas, par des rapports de force. Certes, je ne suis pas près de frissonner à ces paroles, mais je peux en entendre le sens. Ceux qui les chantent en comprennent-ils toute la signification, en respectent-ils l’essence? Cela, c’est un autre débat.

La montée des populismes

Débat intéressant ce dimanche midi, sur la Une (RTBF), à propos de la montée de l’extrême droite et/ou des populismes en France et dans les autres pays d’Europe. L’intervention du journaliste français sur le plateau m’a interpellé et m’a rappelé la réflexion de collègues français qui travaillent pour Nord Eclair belge : il dénonçait le fait que les médias francophones belges, particulièrement la RTBF, n’invitaient jamais de leader d’extrême droite lors de ses émissions. Pas très démocratique, fit-il remarquer, et surtout pas très efficace pour lutter contre le phénomène.

Je ne sais pas si c’est la bonne méthode mais toujours est-il que la Wallonie et Bruxelles ont relativement bien contenu jusqu’à présent la montée des extrémismes. Nos deux régions ont sans doute la chance que l’extrême droite n’a pas de véritable leader (ou, plus exactement, n’a plus de véritable leader depuis le funeste Léon Degrelle), a fait remarquer un autre intervenant. Mais j’ai la naïveté de croire que le boycott des médias a peut-être empêché l’émergence d’un tel leader.

les hommes et les femmes politiques doivent réinvestir la rue, les quartiers, les campagnes

Mais dans le même temps, les médias ont aussi le devoir de s’intéresser à tous les problèmes de société qui ont permis la montée de ces populismes: l’insécurité, l’immigration, les délocalisations, etc. Expliquer, expliquer encore et toujours. Et faire comprendre.

Je pense aussi que les hommes et les femmes politiques doivent réinvestir la rue, les quartiers, les campagnes pour rencontrer, discuter, dialoguer, convaincre. C’est plus efficace, selon moi, pour lutter contre l’extrême droite qu’un débat, aussi intéressant et utile soit-il, sur un plateau de télévision.

En guise de prologue

Bonjour, je commence dès aujourd’hui, le dimanche 29 avril 2012, la rédaction d’un carnet de bord dans lequel je livrerai mes commentaires personnels sur l’actualité régionale de la Wallonie picarde (ou Hainaut occidental), fédérale de la Belgique et internationale. C’est dans la même ligne du carnet de bord que je rédigeais pour le compte de Nord Éclair lorsque j’étais chef de l’édition tournaisienne et à propos duquel j’ai eu beaucoup d’échos favorables. Mon nouveau carnet de bord est plus personnel : il n’engage que moi et non la rédaction de Nord Éclair et/ou de Sudpresse, auquel appartient Nord Éclair. Vos commentaires sont toujours les bienvenus, mais je n’accepte pas ceux sous le couvert de l’anonymat, ceci pour éviter les dérives que je lis parfois sur les sites internet des journaux. J’essayerai d’alimenter mon carnet de bord au moins une fois par semaine au gré de mes lectures, de l’actualité, de vos commentaires, de mes expériences personnelles et de mes rencontres.

Je ne veux nullement m’ériger en donneur de leçons mais bien en incitateur de réflexions.

Je vous souhaite une bonne lecture.