Voir Florence et puis mourir…

Je venais de célébrer mes 20 ans. Et c’était mes premières vacances en solitaire. Sans parents, sans amis. Ni scout, ni patro. J’avais pour seule compagnie un sac à dos à armature métallique qui me donnait l’air d’un aventurier américain ou scandinave. Destination: Florence.

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La curiosité, le joli défaut d’Obama

Voilà encore une chronique reprise des « Propos du Dimanche » qui paraissaient dans l’édition dominicale de Nord Éclair. Luc Parret, alias Eleph, était le titulaire de la rubrique, mais je la reprenais en son absence avec d’autres collègues. La chronique que j’ai écrite le 8 février 2009, sous le pseudo Vintje, était consacrée au premier discours d’investiture de Barack Obama, il y a tout juste quatre ans. Il a été réélu depuis. « On attend sans doute beaucoup trop de lui », écrivais-je à l’époque:

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Le bonheur est dans le cèdre bleu

La sentence du bûcheron était sans appel: “ de toute façon, votre cèdre bleu était condamné ”. Elle a atténué le sentiment de culpabilité que j’éprouvais depuis que j’avais décidé de me séparer de cet arbre à la posture majestueuse, haut d’une dizaine de mètres. La décision avait été prise la veille de la Saint Sylvestre. Suite à de violentes rafales de vent, une grosse branche s’était effondrée dans le jardin, à un doigt de la grande baie vitrée qui aurait très bien pu voler en éclats. Heureusement les enfants ne jouaient pas dehors cet après-midi-là. Jusqu’alors, le cèdre ne nous ennuyait que l’été: ses aiguilles, persistantes et courtes, tombaient dans nos assiettes lorsque le temps nous permettait de dresser la table dans le jardin. Son ombre recouvrait certes les panneaux solaires, mais relativement tard dans l’après-midi, ce qui laissait le temps au soleil d’accomplir son œuvre calorifère.

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Aujourd’hui, le cèdre bleu n’est plus qu’une succession de grosses bûches, empilées les unes sur les autres sous le magnolia qu’il a longtemps dominé et qui prend ainsi sa revanche. En comptant les cercles de croissances, j’ai pu déterminer son âge: 30 ans, à peu près celui de la maison. C’était un bébé parce que selon les informations glanées sur internet, il aurait pu vivre… 2.000 ans et grimper jusqu’à 50 m de haut. Ce conifère, issu de la famille des pinacées, n’est pas une espèce indigène, comme le sont, par exemple, les saules têtards et les peupliers. Il s’est habitué à nos contrées après avoir été importé du Moyen-Orient et des contreforts de l’Himalaya. La lecture de sa généalogie avait ajouté à mon sentiment de culpabilité: le cèdre n’est-il pas l’arbre le plus souvent cité dans la bible? Un pays du Moyen-Orient ne l’a-t-il pas choisi comme emblème? Le cèdre du Liban a même servi à la construction du premier temple de Jérusalem, vers 976 avant Jésus-Christ. Importés d’Algérie, des semis du cèdre de l’Atlas, un proche cousin du cèdre bleu, ont permis de repeupler les pentes dénudées du Mont Ventoux, du Lubéron et des Pyrénées au XIXe siècle. L’immigration des arbres a précédé celle des hommes.

Il y a vraiment beaucoup à apprendre de nos frères, les arbres, qui ont livré à l’humanité une de ses plus précieuses inventions: le papier, incarnation de l’écriture.

Le mot “ livre ” provient d’ailleurs du latin “ liber ” qui, selon le petit Larousse, désigne encore la zone vivante du bois, riche en cellulose. L’adjectif “ libre ” a aussi la même… racine.

La maladie de mon cèdre bleu m’a fait davantage lever les yeux vers le ciel. Jusqu’alors je n’avais pas suffisamment conscience de la richesse sylvicole de mon jardin: un saule pleureur, un magnolia, deux bouleaux et trois hêtres pourpres qui doivent avoir à peu près le même âge. La sagesse des arbres avait conquis le premier propriétaire de ma maison.

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Le cèdre victime de l’orage

Le cèdre bleu ne semble pas me tenir rigueur de l’avoir fait abattre. Depuis, la souche et les bûches dégagent une agréable odeur de résine aromatisée qui embaume le jardin les jours de soleil, comme si l’arbre voulait me rappeler ses lointaines origines orientales, la richesse de ses histoires et la volupté d’un espace arboré.

Le bonheur est dans le cèdre bleu, comme dans tous les arbres.

(1) Chronique que j’ai écrite, sous le pseudo « Vintje », dans le Nord Eclair du 23 septembre 2007 et dont le titre était « les Propos du Dimanche », imaginés par Luc Parret, alias Eleph. Serdu, dont je reproduis ici le dessin, était notre illustrateur.

(2) Depuis la parution de cette chronique, j’ai dû hélas abattre les hêtres pourpres, dont les bûches ont rejoint celles du cèdre bleu sous le magnolia.

 

Quand les préjugés vous rattrapent…

Préjugé, “ Croyance, opinion préconçue souvent imposée par le milieu, l’époque, l’éducation; partis pris ”, dit la définition la plus courante du Petit Robert. Qui n’a pas de préjugés? Qui n’en a jamais eus? Présomptueusement, j’ai toujours cru que je n’en avais pas, jusqu’à un malheureux accident de voiture, dont j’ai été la victime il y a quelques années. J’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas juger les gens sur leur apparence vestimentaire, leur couleur de peau et surtout, sur ce que les autres disaient d’eux. Je ne crois pas du tout à l’expression “ la première impression est la bonne ”. Mais les préjugés sont sournois. Ils vous envahissent insidieusement depuis l’enfance, sans que vous ne vous doutiez de leur présence, comme un serpent qui glisse lentement vers sa proie. Ils se nourrissent à votre insu de propos badins, de conversations de cafés du commerce et de mots (ou maux) que l’on croit sans importance.

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Et les préjugés surgissent au moment où vous vous y attendez le moins, lorsque l’attention se relâche. Ils m’ont surpris un matin le long des boulevards de Tournai alors que je conduisais ma fille à la crèche. Un véhicule m’a coupé la priorité à la hauteur de la clinique Notre-Dame. Le choc fut d’une telle violence que l’autre voiture fut propulsée l’autre côté de la chaussée. Par chance, il n’y avait que des dégâts matériels. L’autre conducteur, un homme âgé, s’en est sorti avec une légère coupure à la joue et moi, avec un saignement de nez. Bien calée dans son maxi-cosy, ma fille en a été quitte pour des pleurs. Sur le coup, j’étais sonné. La circulation était dense, mais aucun automobiliste ne s’arrêtait. Certains ralentissaient, mais poursuivaient leur route, une fois leur curiosité satisfaite. Une seule voiture s’est finalement arrêtée de l’autre côté de la route. Des bagages, des cartons et un matelas garnissaient la galerie et l’arrière du véhicule était aussi chargé. A son bord , une famille maghrébine qui gagnait l’Afrique du Nord pour les vacances. Le conducteur, un homme affable, m’a rassuré. Il a même pris ma fille dans ses bras pour la calmer avant de la confier à son épouse, dont la tête était couverte du foulard traditionnel. Ils avaient pris des risques en traversant la chaussée pour s’inquiéter de notre sort. Je leur en étais reconnaissant. A l’arrivée de la police, la famille reprit immédiatement la route. J’aurais voulu les remercier plus longuement, mais ils avaient l’air pressé.

Pour dresser le constat, la police demanda mes papiers d’identité. Je me rendis dans mon véhicule, totalement sinistré, pour prendre mon portefeuille que j’avais rangé dans la boîte à gants. Mais j’avais beau chercher. Rien, nada. La famille maghrébine autour de ma voiture, mon portefeuille disparu, leur empressement à l’arrivée de la police : mon esprit ne fit qu’un tour. Un mauvais tour. Et mon sang aussi. “ Au voleur! ” avais-je envie de crier. C’est un policier qui me ramena à la raison. Il a refouillé avec moi la voiture. Et il retrouva mon portefeuille sur la plage arrière où la violence du choc l’avait propulsé. J’ai pourtant un oncle marocain et un très bon ami syrien, mais mon esprit avait fait le raccourci inacceptable “ maghrébin = voleur ”. Dix ans après l’accident, j’ai toujours honte en pensant à ma réaction qui était primaire. Primaire, comme le sont bel et bien les préjugés.

(1) Chronique parue, sous mon pseudo Vintje, dans l’édition de Nord Eclair du 28 décembre 2008, sous le titre « les Propos du Dimanche », imaginés par Luc Parret, alias Eleph. Le dessin original est de Serdu.

La version d’un Latiniste heureux

En découvrant il y a quelques jours les résultats d’une enquête selon laquelle les élèves qui ont pratiqué le latin et le grec réussissent mieux leurs études supérieures, même scientifiques, j’ai pensé au banquier de mes parents. Avec une anecdote qui remonte il y a près de 30 ans: je révisais mes déclinaisons latines à la table du séjour, tandis qu’il comptait la monnaie du commerce familial qu’il venait récolter tous les mercredis. Entre un paquet de pièces de 5 francs belges et une pile de billets de 20, l’employé de banque interrompit ses calculs et me lança: “ Le latin, ça ne sert à rien! ” Du haut de mes 14 ans, j’avais beau lui expliquer l’influence du latin dans la langue française, en vain: sa phrase sonnait comme une sentence, sans appel. Le banquier de mes parents n’était pas le dernier à se gausser de l’utilité d’une langue dite “ morte ”. Je pense encore à la chanson de Jacques Brel, “ Rosa ”: “ C’est le plus vieux tango du monde/Celui que les têtes blondes/Ânonnent comme une ronde/En apprenant leur latin/C’est le tango du collège/Qui prend les rêves au piège/Et dont il est sacrilège/De ne pas sortir malin […]. C’est le tango des forts en thème/Boutonneux jusqu’à l’extrême/Et qui recouvrent de laine/Leur cœur qui est déjà froid/C’est le tango des forts en rien/Qui déclinent de chagrin/Et qui seront pharmaciens/Parce que papa ne l’était pas ”. Plus récemment, notre ancienne ministre de l’Enseignement Marie Arena a voulu faire un sort au latin en secondaire, parce que la discipline était, à ses yeux, trop “ discriminatoire ” (le mot de la langue française qu’elle a utilisé le plus au cours de son mandat).

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Un dessin de Serdu

N’en déplaise au banquier, à Jacques Brel et à Marie Arena, le latin est sans doute le cours qui m’a apporté le plus sur le plan de la formation intellectuelle. Non pas que je sois capable de deviser en latin à haute voix comme le vieux pirate à la jambe de bois dans les albums d’Astérix – je voulais d’ailleurs truffer mes propos de citations latines, mais aucune ne m’est venue spontanément à l’esprit. L’apport du latin est plus subtil: il exerce le cerveau à une certaine logique. Avant de pouvoir traduire un texte du poète Virgile ou de l’orateur Cicéron, il faut passer par une série d’apprentissages certes fastidieux (le vocabulaire, les déclinaisons, la grammaire, etc.), mais qui une fois maîtrisés, s’avèrent d’une utilité jouissive. Les versions latines ne m’ennuyaient jamais: les mots étaient comme autant de pièces d’un puzzle que j’essayais de reconstituer à la manière d’un Indiana Jones ou d’un Benjamin Gates à la découverte d’une énigme.

Le latin inscrit l’apprentissage dans la durée – Rome ne s’est pas faite en un jour. Il exige de la patience et donne du sens à l’effort (ouille, un gros mot pédagogique). L’analyse des textes des plus grands auteurs incite aussi à l’humanisme. Loin de moi l’idée de faire du latin la panacée des élites. Les mathématiques modernes et la mécanique forment sans doute aussi bien les esprits, pour autant que les professeurs qui les dispensent soient enthousiastes, comme furent les miens. C’est une grande richesse que m’a donc procurée le latin. Certes, je vous l’avoue, pas celle qu’imaginent les banquiers. Ma fortune est tout autre. Fortuna, en latin, ne signifie-t-il pas bonheur…

(1) Chronique que j’ai écrite, sous le pseudo « Vintje », dans le Nord Eclair du 30 mars 2008 et dont le titre était « les Propos du Dimanche », imaginés par Luc Parret, alias Eleph. Serdu, dont je reproduis ici le dessin, était notre illustrateur.

 

Nous sommes tous des Indiennes

Je pensais, sans doute naïvement, que l’émancipation des femmes avait gagné tous les esprits, surtout au XXIème siècle. Je me trompais. Deux faits, pourtant très éloignés géographiquement l’un de l’autre, me le rappellent douloureusement. Le premier est cet insupportable viol d’une jeune Indienne par six hommes dans un bus alors qu’elle rentrait du cinéma avec son petit ami. Ma vision, forcément tronquée, d’homme occidental mettait au départ ce crime sur le compte d’une société archaïque, où les femmes ont très peu droit de cité, même si les manifestations qui ont suivi laissent espérer une véritable prise de conscience. Mais le deuxième fait, plus proche de chez nous, m’incite à penser qu’il y a encore beaucoup de travail à faire sur les mentalités dans notre société occidentale. J’en veux pour preuve les commentaires qui ont suivi l‘enlèvement, le 29 décembre, d’une fille de 15 ans, heureusement retrouvée depuis, par un homme de 35 ans dans le parc communal de Mouscron. Certes ces remarques ne sont pas majoritaires, mais elles existent, hélas. « Attention, à cet âge-là, des jeunes filles peuvent aussi chauffer les mecs », disait un internaute sur le site en ligne d’un groupe de presse. Ben, voyons. Même les femmes ont parfois des commentaires interloquants comme cette personne qui se demandait pourquoi la victime avait répondu au sms envoyé par le ravisseur (un subterfuge en fait). « Bizarre », ajoutait-elle, comme si la jeune fille était forcément consentante.

Dans un autre contexte, cela rejoint l’avis, imbécile, qu’un prêtre italien avait affiché la semaine dernière à l’entrée de sa paroisse : il invitait les femmes à s’interroger sur leur manière de s’habiller, car elles pouvaient inciter les hommes au crime. Nous sommes au XXIème siècle, pour rappel. Cela renvoie encore au reportage d’une étudiante flamande, il y a quelques mois, sur les commentaires désobligeants et rétrogrades qu’elle essuyait parce qu’elle portait une jupe, même pas courte, dans certains quartiers de Bruxelles. Oui, au XXIème siècle.

Bien sûr, la condition de la femme s’est fortement améliorée en un siècle, mais il s’agit d’un combat permanent. Nous sommes tous des Américains, avaient dit des responsables politiques européens après les attentats du 11 septembre pour prouver aux USA que nous étions à leurs côtés. Nous sommes tous des Indiennes, ai-je envie d’écrire aujourd’hui.

Ma (petite) revue de presse

Comme tout journaliste qui se respecte, enfin je le suppose, je suis un boulimique d’informations. J’ingurgite ma première fournée dès 6h30 ou 7h, selon l’horaire scolaire de mes enfants, avec Vivacité Hainaut. Dans le brouillard, entre veille et sommeil, je me fais une première idée de l’actualité régionale. Avant d’avaler le petit déjeuner, direction la boîte aux lettres pour me procurer le Nord Éclair. Très égoïstement, je me précipite sur l’article que j’ai écrit pour l’édition du jour. Je le relis pour vérifier si je n’ai pas commis une faute de style ou, pire, d’orthographe. Je vérifie aussi comment le secrétaire de la rédaction de la veille a « vendu » mon sujet en Une ou s’il n’a pas modifié le sens en changeant mon titre. J’avoue que j’ai plus d’une fois renversé mon café.

Sur la route de l’école, lorsque je conduis mes enfants, c’est Matin Première (RTBF) qui anime la voiture. J’essaye de puiser dans l’actualité nationale, voire internationale, un sujet que je pourrais décliner en région. C’est aussi l’occasion de faire connaître à Valentine et Maxime les noms de ceux qui font (ou défont) la politique de ce pays. J’aime beaucoup la manière dont Bertrand Henne mène ses entretiens. Après avoir déposé mes enfants aux grilles de l’athénée Bara, je fais parfois un petit détour par Bel-Rtl, histoire d’écouter les imitations d’André Lamy et d’Olivier Leborgne. Ou alors je reste sur la Première pour la chronique décalée « le café serré », mon préféré étant celui de Thomas Gunzig, qui a le sens du texte. Juste avant de gagner la rédaction, je n’oublie pas non plus de revenir sur Vivacité histoire d’écouter le sujet d’actualité que Benjamin Maréchal, une très belle voix, a choisi de décliner avec ses auditeurs, même si je n’aime pas trop la manière dont il les interrompt.

 

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Au bureau, le temps que l’ordinateur s’allume, je reparcours le Nord Eclair du jour pour lire la prose de mes collègues, histoire de vérifier si on n’est pas passé à côté d’une information importante entendue à la radio. Puis, c’est le moment de la revue de presse. Je commence le plus souvent par la concurrence, le Courrier (l’Avenir) et la Dernière Heure. Les journalistes sont souvent d’une mauvaise foi crasse : ils se gaussent de l’information que les confrères n’ont pas eue mais en oubliant souvent que la veille, ils se sont peut-être fait griller sur un autre fait d’importance. J’imagine qu’il doit y avoir les mêmes haussements d’épaule et les mêmes esclaffements chez les journalistes d’en face. Puis vient la lecture de la presse nationale : le Soir (que je qualifie toujours de « Brusseile », ce qui irrite mes collègues), qui reste le quotidien de référence, la Libre Belgique pour laquelle j’ai une affection particulière non seulement parce que j’y ai travaillé comme correspondant régional il y a une quinzaine d’années mais parce qu’elle essaye de sortir son épingle du jeu avec le peu de moyens dont elle dispose. J’aime aussi lire la presse flamande : on reçoit les régionaux Het Nieuwsblad et Het Laatste Nieuws, dont j’apprécie la mise en page, plus percutante que dans la presse francophone.  Ils ne négligent pas la petite locale à laquelle ils essayent de donner une plus-value avec des photos de qualité. Puis, c’est l’occasion d’entretenir mon néerlandais (essentiellement passif). Je jette parfois un oeil furtif sur la Voix du Nord (France) non sans une pointe de nostalgie parce qu’elle parvient à garder son lectorat avec un traitement de l’information classique.

Les journalistes sont souvent d’une mauvaise foi crasse avec la concurrence

En cours de journée, je passe d’un site à l’autre : lesoir.be, nordeclair.be pour vérifier si nos informations ont bien été mises en ligne, dhnet.be, etc. Quelques clics aussi pour lemonde.fr (que je ne lis plus qu’en numérique alors qu’autrefois, je l’achetais encore de temps en temps), liberation.fr ou encore lefigaro.fr, histoire de vérifier comment des journaux de philosophie différente traitent le même sujet. C’était particulièrement amusant pour le déménagement de Gérard Depardieu à Néchin: l’acteur fut vilipendé par Libé, plutôt à gauche (Génial le titre « Manneken Fisc ») et relativement ménagé par le Figaro, marqué plus à droite. Côté sportif, je visite aussi lequipe.fr, surtout lorsqu’une équipe nationale française, quelle que soit la discipline, connaît la défaite (je sais, ce n’est pas très gentil).  J’aime aussi parcourir les sites des journaux flamands, particulièrement les commentaires des internautes sur standaard.be et hln.be : à déconseiller aux « Belgicains » parce que les francophones en prennent souvent pour leur grade, excepté curieusement quand un sportif belge, même wallon, remporte une victoire.

La revue de presse au bureau se termine toujours par le journal de 18h sur No Télé. Un rituel pour vérifier que nous ne sommes pas passés à côté d’une information d’importance ou pour voir comment nos confrères ont traité un sujet que nous avons aussi couvert. La télévision régionale traverse une mauvaise passe financière en ce moment. Il s’agit pour plusieurs communes de doubler leur contribution. Certes No Télé a parfois un côté nombriliste qui agace la presse écrite – « regardez combien ce qu’on fait est magnifique » -, mais c’est un péché véniel au regard de ce qu’elle apporte à la Wallonie picarde dont elle est un des éléments fédérateurs, sinon « le » seul élément fédérateur. Puis elle donne encore la parole à des personnes, à des associations que la presse écrite a tendance à négliger ces dernières années: le monde socio-culturel, les artistes, les groupements folkloriques, etc. A Tournai, No Télé vaut bien 2 euros par an et par habitant, l’équivalent de deux grilles du Lotto.

Sur le chemin du retour à la maison, la radio retrouve mes faveurs. J’ai un faible pour le « Face à l’info » sur la Première :   Eddy Caekelberghs fait peut-être des phrases trop longues, mais ses questions sont toujours précises et pertinentes avec ses invités dont il ne coupe jamais la parole. Si la route se prolonge, je zappe sur Europe 1, RTL ou encore France-Info pour entendre les dernières informations importantes. Si je ne rentre pas trop tard, j’essaye encore de jeter un coup d’oeil sur le journal télévisé de RTL-Tvi et/ou de la RTBF, mais j’avoue que c’est souvent de manière distraite. Comme je suis un couche-tard, je surfe encore un peu le soir : les mêmes sites d’info qu’en cours de journée – Nord Eclair en priorité pour voir comment les lecteurs réagissent aux sujets du jour -, mais j’y ajoute parfois le Temps en Suisse et le Soleil au Canada; c’est amusant de voir l’actualité par la lorgnette d’autres journaux francophones (pendant la campagne électorale américaine, le Soleil a fait une plongée au coeur des petites villes US assez surprenante).

Je ne terminerai pas ma revue de presse personnelle sans évoquer ce qui est pour moi « le » journal : l’hebdo satyrique « le Canard Enchaîné » que je loupe rarement lors de sa sortie en kiosque le mercredi. Il ne fait que 8 pages, sans photos, il coûte 1,40 euros, il n’a pas de site internet, mais il est drôle, impertinent, sans jamais perdre les règles de base du métier : vérifier, recouper l’information. Il n’hésite jamais à dire lorsqu’il s’est trompé tout en parvenant à faire de ses « pans sur le bec » des petits délices de lecture. « Le Canard » publie ses comptes chaque année. Et chaque année, il parvient à atteindre l’équilibre financier sans un seul encart publicitaire. Le pied (palmé), pour un journaliste qui se respecte; enfin, je suppose.

Borgen, de la bonne politique fiction

Depuis quelques semaines, j’accroche à une série télévisée danoise qui est diffusée sur Arte tous les jeudis soir. C’est un collègue qui me l’a conseillée. « Borgen » raconte les péripéties d’une femme politique, une centriste, qui est devenue première ministre du Danemark.

C’est une fiction, avec les raccourcis qu’impose l’exercice du genre, mais les épisodes reposent sur une base crédible. Les auteurs sont aussi des bons observateurs de la vie politique, car je retrouve tous les ingrédients qui la composent: idéalisme, goût et fascination du pouvoir, argent, rôle prépondérant des médias, intrigues et surtout trahison. Ce n’est pas pour rien que plusieurs épisodes sont précédées d’une citation de Machiavel. La série rend bien d’une vérité récurrente : les principales difficultés viennent toujours de son propre camp. A cet égard, l’épisode consacrée au déchirement du parti travailliste était révélatrice.  Le débat entre anciens, plus proches des syndicats, de l’ancienne gauche, et modernistes, plus proches de la réalpolitik de la sociale-démocratie, pourrait être transposé à tous les partis socialistes européens. Les mano a mano entre personnalités d’un même camp ne sont pas sans rappeler les duels fratricides de chez nous, entre une Christiane Vienne et une Annick Saudoyer au PS de Mouscron, par exemple, entre un Rudy Demotte et un Paul-Olivier Delannois au PS de Tournai ou, encore, au niveau fédéral, entre un Charles Michel et un Didier Reynders pour le MR.

Mais attention, Borgen n’est pas Dallas. Certes il s’attarde sur les conflits entre personnes, mais il met aussi en évidence l’idéal qui les pousse à sacrifier leur vie de famille et leurs amis. La série danoise démontre bien que la politique est avant tout une affaire d’hommes et de femmes. Avec leurs forces et leurs faiblesses. Qui s’étrippent, mais qui mettent aussi toutes leurs tripes dans un idéal. On est loin de la caricature que la plupart des films font de la politique, où tout ne serait que corruption. Borgen réconciliera sans doute les plus sceptiques avec la politique ou incitera peut-être quelques-uns à s’y lancer. Car à l’heure du populisme à tout crin, des « yaka » et des « yakapa », on n’a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes qui osent prendre leurs responsabilités, au nom de leurs idées.

On est (heureusement) naïf quand on a 17 ans

Lors de la fête d’anniversaire d’une amie de mes parents, j’ai revu le papa d’un garçon que j’avais entraîné au foot dans la catégorie des pré-minimes. Cela ne m’a pas rajeuni, car c’était il y a 30 ans. J’avais 17 ans à l’époque et le gamin ne devait pas avoir plus de 7 ou 8 ans. Cela m’a fait plaisir car le père se souvenait très bien de moi lorsque je venais de chercher son fils sur le pas de sa porte avant de l’emmener au terrain du FC Roucourt, aujourd’hui disparu faute de moyens financiers. Il n’y a jamais eu de problèmes avec Jérôme, une tête dure certes, plutôt doué, mais très bien éduqué et toujours poli. Il en était de même avec la plupart des enfants que j’entraînais à l’époque. Lire la suite On est (heureusement) naïf quand on a 17 ans

Page blanche et idées noires

Lorsque j’ai ouvert ce blog, je m’étais promis d’écrire une note au moins une fois par semaine. Mais il s’est écoulé près de deux mois avant que je ne reprenne la plume pour livrer mes impressions personnelles sur l’actualité. La flemme automnale, le manque d’inspiration, une certaine lassitude face à la sinistrose économique de cette fin d’année, la perspective de la fin du monde en décembre 2012 ou encore les remarques verbales de certains lecteurs, dans lesquelles je ne sais si je dois déceler de l’ironie ou une forme de compliment? Un peu de tout cela sans doute. J’ai bien entamé trois notes sur le temps qui passe (qui file plutôt), le Tour de France et la culture sportive des citoyens de la communauté française de Belgique, mais sans aller jusqu’au bout. Les sujets ne manquaient pas pourtant en cette fin d’année: la fermeture de Ford Genk, l’avènement de Bart De Wever à Anvers, la zizanie au sein du PS de Mouscron, etc. Les mots ne sortaient plus. Ou plutôt ne me convainquaient pas. Ils sonnaient creux ou faux au point de les abandonner à leur sort.

La meilleure façon de dissiper l’angoisse de la page blanche et de retrouver l’inspiration? Un vieux truc de chroniqueur dont j’use ici: en parler en fait, en faire tout simplement le sujet d’une chronique.  Avec la ferme résolution de reprendre le fil de ce blog avec plus de régularité, de reprendre cet exercice gratuit avec moi-même pour ne pas perdre pied face à l’intensité du monde.