Tabac, merci Papa…

Aujourd’hui, c’était la journée mondiale de la lutte contre tabac. En dépit des campagnes d’information, je suis toujours étonné par le nombre de jeunes qui fument encore. J’en vois tous les jours, des filles pour la plupart, dès le matin, lorsque je conduis mes enfants à l’école. On grille sa clope avant de franchir les grilles de l’établissement. Il y a toute une gestuelle, un jeu de séduction avec la cigarette, déjà rien qu’en l’allumant: cela se devine sur leur visage. Loin de moi l’idée de les condamner ou de les blâmer: cela les renforcerait, je pense, dans leur comportement. A cet âge-là, on aime se jouer de l’autorité. Je préfère m’intéresser aux raisons qui poussent les autres jeunes à… refuser la cigarette. Cela peut être, à mon humble avis, une mine précieuse d’informations pour les professionnels de la prévention contre le tabac.

Qu’est-ce qui motive un jeune à dire non, alors qu’il est confronté à la pression de ses pairs? Pas simple à l’adolescence lorsqu’on a soif de reconnaissance. Personnellement, c’est une phrase de mon père. Une simple phrase qu’il m’a dite sur un ton ferme, mais sans une once de menace, avec la force de l’évidence : « être un homme, c’est aussi pouvoir dire non ». Il l’a balancée au bon moment, alors que je me cherchais un peu vers l’âge de 15 ans. Et je me souviens parfaitement de l’instant, tant la phrase m’avait à la fois marqué et pris au dépourvu, au détour d’une conversation anodine: dans la voiture, à la hauteur du passage à niveau de la Roë à Péruwelz. Sans doute avait-il deviné que quelques jours auparavant, des copains m’avait proposé de fumer « une sèche », comme on disait à l’époque. Ils s’étaient bien foutu de ma gueule lorsque j’avais refusé. Je ne m’étais senti humilié, mais la phrase de mon père m’avait redonné confiance. Oh, par la suite, j’ai bien tiré sur quelques cigarettes lorsque j’étais étudiant avant un examen à l’unif, ou par jeu après une soirée arrosée avec les co-kotteurs, mais sans m’engager sur la voie de la dépendance. Le « être un homme, c’est aussi pouvoir dire non » m’avait poursuivi et me poursuit encore aujourd’hui.

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carnet de bord de Daniel Foucart

Journaliste à Nord Eclair belge (Tournai et Mouscron) depuis 1991, passionné par l'actualité vue par le petit bout de la lorgnette. Et à bord : quelques tranches de vie.

2 réflexions au sujet de “Tabac, merci Papa…”

  1. Bonjour Daniel,
    Au début de ton article, tu parles des jeunes filles qui fument. Ce serait intéressant de se demander comment est perçue une jeune fille qui dit non ? Si un garçon devient un homme, est-ce que jeune fille devient une femme ? C’est bizarre, mais c’est comme si ça devenait plus compliqué … Cette histoire de « dire non » pour une fille avec, sous-entendu, la réplique assez connue « quand une fille dit non, ça veut dire oui » …
    Quant à mon expérience personnelle, personne ne fumait dans mon entourage familial, j’avais donc horreur de l’odeur ! Mais ce qui m’a vraiment sauvé, c’est … mon caractère 🙂 Et de petites choses qui trottaient en tête : garder les dents blanches, garder mon argent de poche pour partager un cinéma avec mon copain, garder une haleine fraîche et de manière plus floue, la question de la stérilité et de la maladie (mais ado, c’est pas le plus important). Et donc, pour moi, les campagnes de prévention devraient s’attarder sur ce qui est important aux yeux des jeunes …
    Belle journée et merci pour cet article !
    Chloé

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  2. Merci Chloé pour ton commentaire, très chouette. C’est vrai que j’ai parlé de mon histoire personnelle, mais je crois que « être un homme, c’est aussi pouvoir dire non » peut aussi être valable pour une femme. Pas toujours simple de résister à la pression sociale (cela peut être la cigarette, mais aussi la pub, la mode, etc), quel que soit le sexe.

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